Fédération Européenne des Cités Napoléonienne

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OUVERTURE DU CHANTIER DU MEMORIAL DE WATERLOO

UN PEU D'HISTOIRE ...

Depuis le 18 juin 1815, le champ de bataille de Waterloo est l'objet d'un tourisme organisé. On peut même dire que c'est là que sont nés les tour-operators. Dès le lendemain des combats, des organisateurs de voyage ont en effet acheminé des quantités de touristes de Londres à Waterloo, utilisant des mail-coachs, souvent inconfortables et obligés de faire étape à Ostende, Gand et Bruxelles avant d'arriver sur ces terres chargées d'histoire.
Pour les accueillir, le site s'est évidemment doté, au fil des ans, d'infrastructures d'accueil. On parle de la présence d'un premier cabaret dès 1823. L'Hôtel du Musée remonte, lui, à 1857.
Et si la butte a été achevée en 1826, le Panorama de la Bataille fêtera, dans les prochaines semaines, son centième anniversaire. Il a en effet été dressé en 1912. Sa construction et le développement touristico-économique qui va l'accompagner susciteront le vote au Parlement, le 26 mars 1914, d'une Loi de Préservation du Champ de Bataille, interdisant toute construction nouvelle sans l'accord du Gouvernement. Bien avant les arrêtés de classement si chers à la Commission Royale des Monuments, Sites et Fouilles...

Force est cependant de constater que l'aménagement du hameau, ses adaptations, autorisées ou non ont quelque peu dénaturé les lieux.
Lorsqu'il s'est agi de réfléchir à l'évolution du site, à l'approche du bicentenaire de la bataille qui le fit rentrer dans l'histoire, les autorités régionales, communales et provinciales ont très vite compris que si elles voulaient offrir une image digne de l'aura universelle du lieu, elles avaient intérêt à maîtriser le foncier. C'est ce qu'elles firent dans un premier temps en créant l'intercommunale bataille de Waterloo 1815 et le centre du visiteur en 1990. Puis en acquérant, de gré à gré, sans la moindre expropriation, l'ensemble des bâtiments du hameau. Ce travail de remembrement a principalement eu lieu de 2002 à 2007, la gestion touristique du complexe étant confiée, après appel d'offres international, à une société spécialisée dans la gestion des monuments et sites historiques, Culturespaces.
Parallèlement, les autorités régionales lancèrent un appel à des architectes et à des scénographes pour envisager une réhabilitation du site et une adaptation du produit touristique correspondant aux attentes d'un public international. Le premier marché fut remporté par le bureau BEAI, de Bruxelles ; le second par l'association de deux bureaux de scénographes réputés, Tempora et Dragone.

UNE REHABILITATION DU CHAMP DE BATAILLE

Le parti pris par le bureau d'architecture vise à « nettoyer » les lieux ; à permettre au visiteur de retrouver la « Morne Plaine », telle que Victor Hugo a pu l'admirer ; à lui donner la possibilité de mieux comprendre le paysage du lieu en 1815 et donc la particularité des mouvements de troupes qui s'y affrontèrent.


Pour ce faire, le projet, ratifié par un certificat de patrimoine délivré le 7 mai 2008, prévoit :

  • la démolition de l'actuel centre du visiteur, du Wellington Café qui le jouxte, de l'hôtel des Touristes, de l'Hôtel de la Paix et de leurs annexes bâties sans cohésion architecturale ;
  • la transformation de l'Hôtel du Musée, destiné à accueillir tout le pôle « restauration » du site. On y prévoit une brasserie, un restaurant et des lieux de réception pouvant jouir du cachet folklorique, au sens noble du terme, de l'intérieur et de grandes terrasses extérieures avec vue sur la butte (dégagée de toutes constructions autres que le Panorama) et les champs ;
  • le rétrécissement de la route du Lion et de la rue de la Croix, destinées, à moyen terme, à devenir piétonnes, le site étant aujourd'hui traversé par plus de 10.000 voitures par jour, mettant en péril la sécurité des touristes ;
  • la restauration du relief du sol ;
  • le déplacement des parkings à proximité du ring O, entre la bande boisée existante et une nouvelle bande boisée masquant les véhicules qui pourraient être vus depuis la Butte du Lion ;
  • et la réaffectation de près de 20.000 m2 de terres à l'activité agricole, restituant ainsi le caractère « open field » du champ de bataille et de ses abords immédiats.

Mais, surtout, la construction d'un Mémorial, entièrement enterré, implanté à l'emplacement des parkings du Hussard et de l'ancien hôtel de la Paix et dont la toiture, suivant le relief du terrain, sera recouverte d'herbes de prairie.

UN MEMORIAL SOUS TERRE

Pour y accéder, les visiteurs emprunteront soit une rampe en pente douce partant des nouveaux parkings, soit un escalier avoisinant le Panorama de la Bataille. Cette rampe sera longée par un Mur de la Mémoire reprenant les noms de tous les régiments, qu'ils soient alliés ou français, ayant participé aux combats du 18 juin 1815. Elle donnera accès à un hall d'accueil, situé 5 mètres plus bas, éclairé par un vaste patio donnant une vue tout à fait inédite sur le Panorama. Un tunnel passant sous le chemin des Vertes Bornes reliera d'ailleurs les deux structures de manière à permettre un seul accès à tous les centres d'intérêt du site : le mémorial, les salles d'exposition permanente et temporaire, le Panorama de la bataille et la butte du Lion. Une promenade sera tracée autour de cette dernière.
Il est à noter que cette construction, imaginée par les architectes Claude Goelhen et Bernard Van Damme intègre les critères d'une architecture durable et respectueuse de l'environnement, à savoir des constructions fortement isolées, ventilées et rafraîchies par un recours à la géothermie et aux pompes à chaleur, favorisant une gestion saine et économe des énergies.

UNE SCENOGRAPHIE INEDITE

Le nouveau Mémorial, d'une superficie totale de 5.880 m2, offrira au visiteur une véritable immersion dans la bataille, à une échelle jamais élaborée à ce jour dans un site de Mémoire. Véritable acteur, le visiteur sera parmi les soldats, au cœur des combats. Il revivra la journée du 18 juin 1815 en déambulant dans sept scènes multi-écrans en 4 D reconstituant les moments les plus importants de cette historique journée. Il ne sera pas devant l'écran. Il sera dans l'action. Ces scènes seront installées dans une scénographie conceptuelle de la plaine de Waterloo ... d'où sortira la mémoire. Des tableaux et des collections virtuelles jaillissant de terre accompagneront le visiteur d'un moment de la bataille à un autre. Il traversera ces « tableaux » et se retrouvera dans la plaine de Waterloo il y a près de deux siècles. Le parcours sera, selon ses concepteurs, l'association Tempora/Dragone, plus qu'un spectacle : il offrira toutes les clés de compréhension permettant de prendre la mesure de ce qui s'est passé ce jour-là.

Il sera segmenté en trois temps :

1. La mise en contexte.

Cette première partie accueille le visiteur et lui explique, dans la scénographie immersive où il se trouvera, pourquoi et avec qui. Mais aussi ce qu'est une bataille en 1815 !

2. Au cœur de la bataille.

Cette partie, la plus importante, transporte le visiteur dans les 7 moments cruciaux de la bataille : l'attente, l'attaque de la ferme d'Hougoumont, les combats d'artillerie, les charges de cavalerie, la bataille de Plancenoit, le recul de la Garde et la déroute finale de Napoléon. Rien ne sera épargné à ceux qui auront choisi de prendre la machine à remonter le temps. La technologie 4 D est ici au service d'un scénario inédit, fruit de la collaboration de deux mondes, celui d'historiens de réputation internationale et celui de professionnels du spectacle de renommée mondiale.

3. Les conséquences.

Cette dernière partie ramènera progressivement le visiteur de 1815 à aujourd'hui, pour lui expliquer les conséquences immédiates et lointaines de cette mémorable journée. Avec les outils que la muséographie du XXIème siècle permet pour allier l' «entertainement » à la connaissance et à la compréhension de notre histoire commune.

C'est dire si le nouveau Mémorial de Waterloo, par les expériences multiples et novatrices qu'il va faire vivre à ses visiteurs, sera un lieu unique en son genre !
Précisons que, tant l'aménagement du hameau du Lion que le contenu du Mémorial et du Mur de la Mémoire ont reçu l'aval d'un comité d'accompagnement scientifique international, composé d'historiens spécialisés venus d'Allemagne, de Belgique, de France, Grande-Bretagne et des Pays-Bas.

Cet investissement régional dépassant les 30 millions d'euros, soutenu successivement par les ministres Serge Kubla, Benoît Lutgen et Paul Furlan, en charge du tourisme et dont la gestion du chantier a été confiée à l'Intercommunale « Bataille de Waterloo 1815 » devrait être inauguré à l'occasion du bicentenaire de la bataille de Waterloo. Un événement qui devrait faire l'objet d'une médiatisation internationale et, au travers de cela, d'une valorisation du potentiel touristique de toute la Wallonie.