Fédération Européenne des Cités Napoléonienne

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Montpellier, ville impériale

Si l'Empereur a pu rencontrer des montpelliérains dès son passage dans le Sud pour réprimer les insurrections royalistes en 1793 ou même quand il était en garnison à Valence en 1785, il n'a peut-être jamais séjourné en terre montpelliéraine, contrairement à son père, et à ses deux frères Joseph et Louis.

L'empreinte napoléonienne est toutefois vivace à Montpellier. En effet, de nombreux proches de Napoléon étaient originaires de Montpellier, que ce soit dans son cercle intime, dans celui du pouvoir ou dans l'armée.

La ville, dans son urbanisme, a aussi été marquée par les décrets et les décisions de Napoléon ou de ses bras droits, Cambacérès et Chaptal.

I- Les proches de Napoléon

1. Charles, son père (1746-1785), et ses frères, Joseph (1768-1844) et Louis (1778-1846)

A Montpellier
Quand Charles Bonaparte, père de Napoléon, et son fils Joseph rejoignent en novembre 1884 le continent pour que le premier puisse se soigner, ils viennent à Montpellier, munis de deux lettres de recommandations, l'une pour Jean Bimar, grand entrepreneur de diligence, l'autre pour Durand de Saint-Maurice, président à la Cour des Comptes.

Manquant de moyens financiers, Charles Bonaparte se résout à louer une petite maison, à l'angle de la rue du Cheval-Vert, au numéro 3, près du Cours des Casernes (actuel Cours Gambetta).
C'est Jean Bimar qui va payer les frais de son hébergement, de ses soins ainsi que ceux de son enterrement.

© Cécile MassonLe prêtre et ami de Charles Bonaparte, l'Abbé Pradier, après lui avoir administré les derniers sacrements, a obtenu qu'il soit placé dans le caveau des Cordeliers, Couvent de l'Observance devenu le Rockstore, comme l'indique l'acte de décès inscrit sur le registre de la paroisse de Saint-Denis.
Le Couvent a abrité le corps du père de Napoléon jusqu'en 1803. Une plaque commémorative a été dévoilée le 24 février 2019 par le maire de Montpellier, Philippe Saurel en présence de Charles Bonaparte, descendant direct de son homonyme mort le 24 février 1785.

C'est encore Jean Bimar qui incite, en mai 1802, le conseil municipal de Montpellier à demander au ministre de l'Intérieur, Chaptal, l'autorisation d'ériger à Montpellier un monument en souvenir de Charles et à la gloire de l'empereur. Si Chaptal intercède auprès de Napoléon, ce dernier refuse. Les Montpelliérains auraient voulu inscrire sur le monument : « Sors du tombeau, ton fils Napoléon t'élève à l'Immortalité ». Ils se voient contraints d'abandonner l'idée.
Enfin, en 1803, alors que Louis, le jeune frère de Napoléon, s'est rendu à Balaruc pour faire une cure, lui et Bimar se mettent en quête du corps de Charles. Ils obtiennent de Jean Reboul, nouveau propriétaire du Couvent des Cordeliers de faire les recherches appropriées. Au mois de Prairial an XI (mai 1803), le corps est envoyé à Joseph, la caisse étant censée contenir une pendule, afin d'éviter le refus des autorités et celui de Bonaparte. La dépouille est inhumée un an plus tard dans la terre de Saint-Leu, achetée par Louis.

Dans la métropole
C'est à Juvignac, à l'ouest de Montpellier, que se situe la source de la Valadière au lieu-dit Fontcaude (fontaine chaude), une source d'eau chaude à 23°C et bienfaisante, exploitée dès l'Antiquité par les Romains.
Objet de nombreuses publications dans les ouvrages médicaux en France, la source de Fontcaude était reconnue pour ses vertus médicales. Les curistes comptent quelques personnages célèbres comme Charles Bonaparte. Son état de santé ne lui ayant pas permis de rejoindre la capitale, sur les conseils de son médecin aixois, il est venu à Montpellier, recommandée comme la « patrie des sommités médicales ». Il a pu bénéficier d'une cure à Fontcaude.

Ville Montpellier2. Laure Junot d'Abrantès, née Permon (1784-1838)

Née à Montpellier au moment même où Charles Bonaparte, père de Napoléon, y arrivait, elle a vu ses parents très liés aux parents de Napoléon. Leurs mères étaient amies d'enfance et son père, receveur particulier des finances de Montpellier s'est occupé de Charles, après l'avoir connu à Ajaccio.
Femme vive, joueuse, belle et extravagante, elle a connu de très nombreux problèmes financiers que les générosités de Napoléon n'ont pu supprimer et devenue la maîtresse d'Honoré de Balzac, elle a écrit ses Mémoires, tançant Napoléon qu'elle avait fini par exécrer.

3. Elisa Bonaparte (1777-1820), sa sœur

Grande duchesse de Toscane, princesse de Lucques, elle a dû quitter la ville envahie par les troupes austro-anglaises. Elle séjourne alors trois semaines à Montpellier en 1814 au château de la Piscine, folie du XVIIIe qu'elle a louée, et qui fut construite en 1770 par Jean Antoine Giral pour Richer de Belleval. Elle est retournée ensuite en terre italienne, à Trieste, pour se livrer à sa passion, les fouilles archéologiques.

Hôtel de Lunas © Montpellier 3m
4. Albine de Montholon (1779-1848), sa dernière maîtresse

Elle est la fille du marquis de Vassal, contrôleur général des finances du Languedoc, résidant au château de l'Engarran, à Lavérune, à l'ouest de Montpellier.
Elle a connu deux mariages ratés et de nombreux adultères avant d'épouser, en 1809, Charles Tristan de Montholon, lieutenant-colonel, nommé par la suite diplomate. Quand Napoléon est exilé à Sainte-Hélène, il emmène avec lui le lieutenant-colonel, comme compagnon d'exil. Albine les accompagne et devient la dernière maîtresse de Napoléon. Revenue sur le continent en 1819, elle retrouve son époux deux ans plus tard mais ils se séparent. Elle retourne à Montpellier, et trouve refuge auprès des Sabatier d'Espeyran, dont elle est la parente.

Ces riches propriétaires montpelliérains possèdent l'Hôtel de Lunas (en 1874-1875, le comte Charles Despous de Paul fait construire le futur Hôtel de Cabrières-Sabatier d'Espeyran, aujourd'hui labellisé Maison des Illustres et musée des Arts décoratifs).
Elle décède en 1848, au cours d'un bal donné en l'honneur de ses petits-enfants. Elle repose à Montpellier dans la crypte de la chapelle des Pénitents Bleus.

II- Les proches du pouvoir

1. Paul-Joseph Barthez (1734-1806)

© Ville de MontpellierFait docteur au Collège royal de Médecine de Montpellier (l'actuelle Panacée), il y obtient en 1761 une chaire d'enseignant. S'il ne s'entend pas avec ses collègues, il est toutefois un professeur remarquable et renommé.
Particulièrement cultivé, il mène par ailleurs des études de droit et devient en 1780 docteur en droit, après avoir soutenu une thèse sur les testaments. La même année, il acquiert une charge de conseiller à la Cour des Comptes. Il occupe aussi la chaire d'anatomie et de botanique. Il rêve pourtant de la capitale dans laquelle il retourne pour devenir le médecin personnel du duc d'Orléans.
En 1801, c'est son ancien élève Chaptal, devenu ministre de l'Intérieur qui le soutient. Il le fait nommer médecin du gouvernement, avant qu'il ne devienne, sous l'Empire, le médecin consultant de Napoléon. A Montpellier même, Chaptal le fait réintégrer dans le corps professoral de l'Ecole de Médecine. Barthez revient à Montpellier et prononce le discours de la cérémonie organisée à l'occasion de la remise solennelle du buste de bronze d'Hippocrate.
Sa statue se trouve à l'entrée de la Faculté de Médecine (2, rue de l'Ecole de Médecine), à droite, aux côtés de Lapeyronie.

En outre, Chaptal fait appel à Claude-Mathieu Delagardette (1762-1805), architecte parisien célèbre, primé à l'Académie de France à Rome, pour construire l'amphithéâtre d'anatomie et l'Orangerie du Jardin des plantes qu'il finance sur ses propres deniers, inaugurée en 1806.

Il nomme aussi Gabriel Prunelle, médecin formé à Montpellier et bibliothécaire, Commissaire du gouvernement. Prunelle doit faire le tour des dépôts littéraires de France, afin de constituer, pour la Faculté de Médecine de Montpellier, une bibliothèque digne de ce nom.
En effet, si les livres de ces dépôts – qui contiennent les ouvrages confisqués au clergé, aux nobles émigrés...- ne rejoignent pas les bibliothèques municipales, ils doivent rejoindre les bibliothèques des Écoles. Prunelle va donc constituer un fonds pour l'École de Médecine de Montpellier. Quelque mille manuscrits, dont les deux tiers sont médiévaux- 59 de la période carolingienne- sans compter les imprimés, au nombre de 100 000, forment le fonds de la Bibliothèque Universitaire.
© Ville de MontpellierDe la littérature latine (grammaire et lexique compris), à la poésie persane, de Boèce et sa Consolation de la philosophie au Chansonnier dit de Montpellier, des Quatre livres d'Albert Dürer au Psautier dit de Charlemagne, le fonds montpelliérain couvre actuellement plus de douze siècles (depuis le VIIIème) : littérature classique, romans chevaleresques, littératures religieuse, médicale, toutes sont représentées.
Le 3 juin 1801, Chaptal fait attribuer à l'Ecole de santé de Montpellier un buste antique d'Hippocrate, butin de la campagne d'Italie, acquis par le gouvernement consulaire. Le buste est accompagné d'une inscription éloquente : Olim Coüs nunc Monspelliensis Hippocrates (Jadis de Cos, Hippocrate est aujourd'hui de Montpellier). C'est d'ailleurs son ami Barthez qui a prononcé le 4 messidor an IX (23 juin 1801) le discours sur le génie d'Hippocrate lors de la cérémonie organisée à l'occasion de la remise solennelle du buste de bronze du Père de la Médecine trouvé dans les fouilles de Velletri et que l'on peut voir encore aujourd'hui dans la salle des Actes.
De plus, en 1803, Chaptal crée la Faculté de Pharmacie dans les locaux de l'ancien Collège royal de Médecine, après la promulgation par Napoléon de la loi du 21 germinal an XI (11 avril 1803) qui a créé une Ecole spéciale de Pharmacie à Montpellier en même temps qu'à Paris et à Strasbourg. En 1808, il crée aussi la faculté des Sciences.
Le buste de Jean-Antoine Chaptal, ministre de l'Intérieur et bienfaiteur des universités montpelliéraines, sculpté par Jean-Baptiste Comolli (1775-1830), élève turinois de Canova est exposé dans le vestibule du Theatrum anatorium de la Faculté de Médecine.

3. Jean-Jacques de Cambacérès (1753-1824)

A Montpellier
Il est né au 9 place Chabaneau en 1753, d'un père avocat, conseiller à la cour des comptes et maire de Montpellier.
Avocat lui-même, député de l'Hérault, il a été président de la Convention et membre du Comité de Salut public, président des Cinq-Cents, ministre de la Justice, deuxième consul. Orateur et jurisconsulte, il a pris part à la rédaction du Code Napoléon, et l'Empire l'a nommé duc de Parme, prince, archichancelier, membre et président du Sénat, du Conseil d'État et de la Haute Cour impériale, Grand Aigle de la Légion d'honneur. Il a écrit le Discours préliminaire du projet du Code Napoléon.
Au numéro 1 de la rue Foch, sous le péristyle du Palais de Justice, se dresse sa statue, sculptée en 1810 par Philippe-Laurent Roland (1746-1816).
Son portrait, peint par Schopin, et réplique de celui du musée de Versailles, se trouve au musée du Vieux-Montpellier (2, place Pétrarque)
Prieur de la confrérie des Pénitents blancs (14 rue Jacques Cœur), il est aussi franc-maçon et grand maitre du Grand Orient de France.
Avec Chaptal, son ami, il fonde la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, ce qui entraîne deux expérimentations dans la région montpelliéraine : l'acclimatation des betteraves à sucre dans le Jardin des Plantes et l'élevage des moutons Mérinos sur les pâturages des Causses. C'est aussi avec lui qu'il pèse de tout son poids pour que Montpellier devienne la préfecture de l'Hérault. C'est son ami montpelliérain qui prononce son éloge funèbre au Père-Lachaise en 1824.

© Ville de MontpellierDans la métropole
A Saint-Drézéry, à 20 km au Nord-Est de Montpellier, se trouvait depuis le Moyen Âge un prieuré, propriété des Évêques de Maguelone. Au XVIIe, il était le lieu de villégiature du clergé montpelliérain. À la Révolution, le château est mis en vente comme bien national. Jean-Jacques Régis de Cambacérès, membre du conseil municipal de Montpellier, s'en porte acquéreur en 1791, par l'intermédiaire d'un prête-nom, le sieur Claris, procureur de la ville.
À sa mort en 1824, il lègue le château à l'évêché de Montpellier.

Jean-Jacques Régis de Cambacérès, Albine de Montholon, Jean-Antoine Chaptal, ou encore Charles-Marie Bonaparte... Ces grands noms ont marqué la vie de l'empereur Napoléon et Montpellier. Une visite théâtralisée proposée par l'Office de Tourisme de Montpellier, avec la troupe des Baladins de l'Histoire, a permis de découvrir entre saynètes, anecdotes et Histoire, les liens existant entre ces grands personnages et la ville.

III- Les généraux

Pas moins de 5 généraux montpelliérains ont entouré Napoléon durant ses campagnes.

1. Pierre Daru (1767-1829)

Il est né à Montpellier car son père, avocat, était le premier secrétaire de l'Intendance du Languedoc. Il a été commissaire des guerres. Membre du Tribunat en 1802, intendant général de la Grande Armée, ministre d'État en 1811, directeur de l'administration de la Guerre en 1813, il a été nommé pair de France en 1819 ; il avait été conseiller d'État sous l'Empire. Par ailleurs, il a été poète didactique, latiniste, traducteur en vers, historien, académicien, reconnu par Sainte-Beuve et Chenier. Il a aussi été le protecteur de son cousin Henri Beyle, dit Stendhal.

2. Louis Lepic (1765-1827)

Né à Montpellier sixième de 22 frères et sœurs, Lepic est devenu général de division et baron d'Empire.
Blessé de très nombreuses fois, à Marengo, à Eyleau, il a effectué sa dernière campagne à Waterloo, avant d'être mis à la retraite. Ses qualités militaires et humaines reconnues lui ont permis de gravir tous les échelons et grades avant de finir ses jours en 1827 dans son château d'Andrésy dans les Yvelines.

© Ville de Montpellier3. Mathieu Dumas (1753- 1837)

Tout comme Cambacérès, Mathieu Dumas a fait partie de la Confrérie des Pénitents Blancs dont il est devenu le prieur en 1834.

Il a aussi mené une double carrière, militaire et politique. Engagé à l'âge de 15 ans dans le régiment de Médoc, il part ensuite en Amérique pour la guerre d'indépendance en 1779, comme aide de camp. Il est deux ans plus tard celui de La Fayette. Directeur du dépôt de la Guerre en 1791, puis commandant des gardes nationales de la province, il est chargé de ramener Louis XVI après son arrestation à Varennes.
Il organise ensuite la 1re compagnie d'artillerie à cheval qui a existé en France puis structure l'armée de réserve qui fait la conquête de l'Italie. Nommé comte d'Empire, il assure l'intendance de la Grande Armée. Mais parallèlement, ce monarchiste libéral est député à l'Assemblée de 1791, puis au Conseil des Cinq-Cents en 1795. Mis en retraite de l'armée en 1815, il réintègre le Conseil d'État en 1818. Élu député de Paris en 1828, Dumas est un des principaux promoteurs de la révolution monarchiste de 1830.
Son portrait, attribué à Francisco Alban, se trouve au musée du Vieux-Montpellier (2, place Pétrarque).

4. Jacques-David Martin de Campredon (1761-1837)

Fils d'un secrétaire du roi de la chancellerie de Montpellier, il a été formé à l'École royale du génie, et voit ses qualités reconnues dès les guerres de la Première République. Dès 1794, Martin de Campredon professe l'art des fortifications à l'École centrale des travaux publics, la future École polytechnique. On lui doit les fortifications du pont du Var (1800) face aux Autrichiens, la défense des côtes italiennes, le siège de Riga (Russie, 1812), etc. Elevé en juin 1814 au rang de grand officier de la Légion d'honneur, il reçoit le 24 septembre de la même année la confirmation du titre de baron de l'Empire. En 1816, sous la Restauration, on lui propose la direction de l'Ecole polytechnique avant de le répudier car il est protestant.
Nommé inspecteur général des études militaires, il se retire à Montpellier en 1831. Il y meurt six ans plus tard et est enterré dans le cimetière protestant de Montpellier (3, avenue de Palavas) créé par Napoléon.

5. Jean-Gaspard René (1768- 1808)

Son père enseignait au Collège royal de Médecine dont il était aussi le directeur. Jean-Gaspard est entré en service le 2 janvier 1792, à l'âge de 24 ans, comme sous-lieutenant au régiment d'Aquitaine. Il a ensuite participé à toutes les campagnes napoléoniennes. Il a obtenu de Napoléon un sabre d'honneur après la bataille de Rivoli en 1797, après avoir fait prisonniers 1800 Autrichiens en ne disposant que de 50 hommes. Baron d'Empire, commandeur de la Légion d'honneur et nommé gouverneur de Cadix, il y périt sous les coups de la guérilla andalouse.

La Ville de Montpellier a honoré ses généraux en leur octroyant, entre le Cours Gambetta et l'avenue de Toulouse, le quartier des casernes, le nom de rues : rue Daru, avenue Lepic, rue du Général Mathieu Dumas, rue du Général Campredon, Rue du Général René.
Existent aussi la rue du Général Maurin (1771-1830), qui s'est distingué pendant la guerre de Hollande, la rue du Général Claparède (1770-1808), qui a participé à toutes les batailles de Russie, et la rue du Général Maureilhan (1772-1829), que Napoléon a fait baron d'Empire le 18 mars 1808.

IV- Les hommes de la Grande Armée

A Montpellier
Dans les cimetières de Montpellier, reposent des soldats ou des savants qui ont accompagné Napoléon dans ses campagnes.
Dans le cimetière protestant, se trouvent les tombes de Louis-Pierre-Alexis d'Adhémar, officier d'Etat-Major et Baron d'Empire, et celle de Jacques-Martin de Campredon.
Au cimetière Saint-Lazare, reposent des soldats (Jean-Louis Michel, Octave-Joseph Canonne, Henri-Cécile Cuvilier, Jean-Joseph-Claude-Adelphe Jac du Puget, Jean-Baptiste Nevet, Augustin-Louis dit Auguste Petiet, Jean-Charles Michelet de la Chevalerie) qui ont participé à différentes campagnes militaires, ainsi que des savants (Alyre Raffeneau de Lile, botaniste, qui a accompagné Bonaparte en Égypte comme membre de l'Institut d'Égypte, et a été directeur du jardin botanique du Caire et Pierre-Toussaint Marcel de Serres de Mesplès, géologue, inspecteur des sciences et arts et Manufactures de l'Université impériale, nommé le 25 juillet 1809 à la chaire de géologie de la nouvelle Faculté).

Dans la métropole
Dans le cimetière de Cournonterral, à 17 km au S.-O. de Montpellier, est inhumé Jean-Baptiste Ricome, sergent au 92e puis 131e de ligne (1789-1865).
A Vendargues, à 9 km au N.-E. de Montpellier, a vécu le général Berthezène. Une plaque commémorative est apposée, place de la Mairie, sur la façade de la demeure qu'il s'était fait construire. Son ancienne demeure est devenue l'Hôtel de ville. La salle des mariages y conserve du mobilier, un tableau et les décorations du général.
Enfin, dans le cimetière communal, se trouve la tombe du général Berthezène et de son épouse. Derrière celle-ci, se situe la sépulture d'Augustin Irles, maire de Vendargues qui a fait « avec honneur les guerres de l'Empire ».
En hommage à la Grande Armée , à Baillargues, à 15 km au N.-E. de Montpellier, sur un des murs de soutènement du cimetière, l'artiste Claire Aton a peint une fresque géante de près de 100 m de long, inaugurée le 15 décembre 2018. Elle figure, en cent cinquante personnages, un déplacement de la Grande Armée et un bivouac.

V- Les institutions

Une des premières grandes lois du consulat de Napoléon est promulguée le 28 pluviose an VIII (le 17 février 1800).
Elle a été en grande partie élaborée par Chaptal. Elle définit quatre niveaux de divisions territoriales dont le département. A la tête de ce dernier, est nommé un préfet.
Montpellier devient donc la préfecture de l'Hérault, grâce à l'influence de deux proches de Napoléon Bonaparte : Chaptal et Cambacérès, le second consul. Pierre Barthélémy Joseph de Nogaret en est le préfet pendant 14 ans. Il met en place les nouvelles institutions, en particulier les services de la préfecture, l'armée (Montpellier est devenue le siège de la 9ème division militaire), la cour impériale de Justice et la prison (au Couvent des Ursulines, aujourd'hui l'Agora, cité internationale de la danse, où les cachots sont toujours visibles).

Du Collège royal de Médecine à la Faculté de Médecine
© Ville de MontpellierLe 4 décembre 1794, la Convention décrète la fondation de trois Ecoles de santé (Montpellier, Paris et Strasbourg). Chaptal installe l'Ecole de santé de Montpellier le 22 avril 1795 dans l'ancien palais épiscopal. Le décret du 11 mars 1803 (19 ventôse an XI) soumet l'exercice de la médecine à l'obtention d'un doctorat. A l'Ecole de Santé créée en 1794, succède l'Ecole de Médecine en 1803, qui devient Faculté en 1808. La chirurgie est définitivement réunie à la médecine, l'enseignement anatomique est rendu obligatoire et se double d'un enseignement clinique dans les hôpitaux.
Chaptal va la favoriser en la dotant d'un Conservatoire, d'un amphithéâtre d'anatomie, d'une bibliothèque remarquable, en faisant construire l'Orangerie dans le Jardin des Plantes.

La loi du 11 floréal an X (1er mai 1802) organise l'instruction publique en France.
Les lycées impériaux se substituent aux écoles centrales et deviennent de véritables établissements scolaires. A Montpellier, le Grand Lycée Impérial est fondé en 1804, sur l'emplacement de l'ancien collège de jésuites, actuel musée Fabre.

VI- L'urbanisme et l'aménagement du territoire

Bonaparte rétablit définitivement la liberté religieuse et l'égalité des cultes dans le cadre du Concordat et des articles organiques articles de 1802.
La nouvelle législation organise l'existence des cimetières protestants. Le cimetière protestant de Montpellier est créé en 1809 : la première inhumation a eu lieu le 20 novembre 1809, le jour même du décret signé par l'empereur Napoléon Ier au Palais des Tuileries, autorisant le maire de Montpellier à acquérir le terrain pour l'établissement du cimetière. Ce décret régularise l'acte de vente passé le 16 septembre 1809.

Un décret-loi du Corps législatif, le préfet donc, autorise la ville de Montpellier à concéder l'emplacement de l'ancienne église Notre-Dame-des-Tables pour l'embellissement de ses halles.
Le marché de la Halle aux Colonnes qui était en place entre 1808 et 1912, actuellement place Jean Jaurès est élevé sous la direction de l'architecte J. Donnat. C'était un marché couvert entouré de 38 colonnes dont le décor palmiforme des chapiteaux voulait rappeler l'expédition d'Egypte. Jugé insalubre, il est démoli en 1913.

VII- Montpellier, une ville patrimoniale

Dans une région occupée très tôt par les Etrusques, Ligures, Grecs et Romains, Montpellier fait figure d'exception puisqu'elle est née en 985, entre la Via Domitia et la vieille Route du Sel, sur le Mons Pestelarium, offert par Guilhem par le comte de Melgueil. Elle est traversée par le Cami Roumieu, « le chemin du Pèlerin » menant à Saint-Jacques de Compostelle.
Une voie fluviale, celle du Lez, a aussi permis l'essor de la ville, devenue très vite commerçante. Bien gérée par la dynastie des Guilhem, elle agrandit son territoire et devient une cité cosmopolite qui attire en particulier une grande communauté juive.

  • Un passé médiéval

Au centre de la première enceinte première urbaine édifiée dans les années 1130-1140, se trouvait le quartier juif de Castel-Moton, du nom de la rue, doté de toute l'armature communautaire adéquate.
Sur le site de la rue de la Barralerie, se trouvaient le mikvé, bain rituel, du XIIIe mais aussi une maison de l'aumône jouxtant le lieu de culte et destinée à être un asile charitable. Le Mikvé est alimenté par une nappe d'eau souterraine constamment renouvelée. Le Mikvé offre des caractéristiques romanes soignées : une baie géminée à colonnette au chapiteau à décor végétal relie le déshabilloir et le bain.

Après le mariage en 1204 de Marie de Montpellier, fille de Guilhem VIII et héritière des seigneurs de Montpellier, avec Pierre II, roi d'Aragon, la ville va dépendre des rois d'Aragon, puis de Majorque de 1276 à 1349, tout en étant dotée d'un régime consulaire bénéficiant d'une rare autonomie. Signe du pouvoir municipal, les consuls poursuivent la construction d'une nouvelle enceinte au périmètre élargi aux quartiers récents et à une partie du domaine de l'évêque : la Commune Clôture.
La ville intra-muros était divisée en quartiers. La forme de son contour lui vaut aujourd'hui le surnom d'Ecusson : c'est l'empreinte laissée par la Commune Clôture bien identifiable sur les plans et vues aériennes. Les principaux vestiges aisément visibles de cette enceinte sont la partie inférieure de la Tour de la Babote et les murs attenants, ainsi que la Tour des Pins. A proximité de cette dernière se trouve l'ancienne chapelle du monastère St Benoît et St Germain, fondé en 1364 par le pape d'Avignon Urbain V, qui a été consacrée cathédrale St Pierre en 1536. Avec son chœur agrandi et une tour reconstruite au milieu du XIXe, c'est le seul édifice religieux médiéval conservé dans l'Ecusson ; il date des premières décennies du rattachement de la ville de Montpellier à la France.

  • Une ville de savoir : les facultés

L'enseignement médical à Montpellier est né de la pratique, en dehors de tout cadre institutionnel, au début du XIIe siècle. Ancêtre des médecins, un certain André fait son apparition à Montpellier en 1122. Dès 1181, la ville reçoit l'autorisation d'exercer et d'enseigner la médecine, grâce à un édit de Guilhem VIII.
En 1220, en tant que légat apostolique du pape Honorius III, le cardinal Conrad d'Urach concède à l'Universitas medicorum ses premiers statuts. Le 26 Octobre 1289, l'Université de Montpellier est créée officiellement par la bulle Quia sapientia du pape Nicolas IV. Portant le nom d'un Studium generale, elle regroupe à l'époque les enseignements en médecine, droit, lettres et théologie
La Faculté de Médecine de Montpellier est la plus ancienne en exercice du monde occidental.
La Faculté de Médecine dispose d'atouts majeurs : le Jardin des Plantes, les cires anatomiques de Fontana, la Bibliothèque universitaire

  • La capitale du Bas-Languedoc : l'essor architectural

- XVIIe

Le patrimoine immobilier privé va se développer avec l'emprise de la monarchie sur Montpellier après le siège de la ville en 1622. Les hôtels particuliers se multiplient: l'hôtel de Montcalm (1, rue Joffre) qui va accueillir le MoCo, pour Montpellier Contemporain, l'Hôtel Jacques-Cœur puis des Trésoriers de France (7, rue Jacques-Cœur), construit pour Jacques Cœur, grand argentier de Charles VII et rénové au 17ème par les Trésoriers de France- son escalier, en forme de portique à deux ordres de colonnes est réputé. L'Hôtel de Gallières (4 rue du Trésorier-de-la-Bourse) possède, entre autres, un escalier spectaculaire, œuvre du maçon Antoine Laurens. L'Hôtel de Sarret (6 rue du Palais) est l'œuvre du sculpteur est maçon Bertrand Delane. L'élément le plus remarquable est la trompe sous l'angle, la plus grande connue du genre......

- XVIIIe

Avec l'appui du maréchal de Broglie, commandant de la province, l'intendant Lamoignon de Basville impose aux consuls, en 1686, l'aménagement d'une promenade sur la colline du Peyrou, alors que le roi vient de choisir Montpellier pour la création d'une place royale. L'Arc de Triomphe élevé à la gloire de Louis XIV forme une entrée monumentale sur la promenade. En 1718, la statue du souverain est dressée dans l'axe de l'arc. La place est finalisée lors de la construction de l'aqueduc Saint-Clément (1753-1764). Elle impose une servitude à tout l'ouest de la ville : elle doit surplomber.
A la même époque, fleurissent aux alentours de la ville les folies, maisons de villégiature et de réception. Ces édifices sont conçus en marge des hôtels particuliers urbains, plus proches des cercles de pouvoir. L'architecture des folies, légère et délicate, contraste avec l'austérité de ces hôtels urbains, les jardins y sont très soignés. Les architectes sont montpelliérains : les Giral. Le Château de l'Engarran, le Domaine Bonnier de la Mosson, le Château de la Mogère, le Château de la Piscine... sont emblématiques de cette période.

- XIXe

Il est marqué par le succès de l'agriculture, l'arrivée du chemin de fer et le « cycle haussmannien »: sont construits le palais de justice, les églises Sainte-Anne et Saint-Roch, le théâtre de la Comédie, les Halles Castellane.

  • La Ville moderne

Depuis la fin des années 70, la ville de Montpellier s'est modernisée et s'est résolument tournée vers le Lez et vers la mer. Elle a fait appel à de grands noms de l'architecture. Le quartier Antigone initié par Ricardo Bofill, l'Hôtel de ville, signé Jean Nouvel et François Fontès.
Au nord de Montpellier, le chantier des archives départementales Pierres vives a été confié à Zaha Hadid.

Ces différents patrimoines font l'objet de visites guidées, proposées par l'Office de tourisme de Montpellier. Celui-ci propose des visites guidées en langues française, anglaise, allemande et espagnole, des visites accessibles aux publics en situation de handicap (visuel, auditif, moteur). Du Mikvé aux hôtels particuliers, du street art au graffiti du quai du Verdanson, de la Faculté de Médecine avec sa salle des Actes sise dans le palais épiscopal jusqu'à celle de François Fontès, implantée au cœur du campus Biologie Santé Arnaud de Villeneuve, du centre historique aux nouvelles architectures des rives du Lez, il est possible de découvrir toutes les richesses patrimoniales et de traverser les époques.

  • Les musées

La ville de Montpellier dispose d'un patrimoine muséographique diversifié. Outre le musée Fabre, rénové et agrandi en 2007, le visiteur peut découvrir les moulages des statues antiques et médiévales au musée des moulages, au cœur de l'Université Paul-Valéry, les mille dessins et quelque cinq mille estampes du musée Atger, au sein de la faculté de Médecine.

VIII Le patrimoine de la métropole

Les 31 communes de la métropole bénéficient d'un patrimoine matériel et naturel important.
Le patrimoine historique et architectural est diversifié. Par exemple :

  • Les sites antiques : Lattara (site occupé du VIe siècle avant J.-C. jusqu'au IIIe siècle après J.-C) et le musée Henri Prades, le site du Castellas à Murviel-lès-Montpellier, occupé de la fin de l'âge du fer jusqu'au IIe siècle après J.-C et le musée Paul Soyris
  • La Cathédrale de Maguelone, église forteresse, ancien évêché de style roman, qui a accueilli des papes et des évêques au Moyen Âge. Une visite guidée est proposée par l'Office de tourisme de Montpellier.
  • Le Château de Castries, dont la construction a commencé en sur l'emplacement d'un ancien manoir gothique. Au XVIIe siècle, René Gaspard de la Croix de Castries fait réaliser le grand escalier et la grande salle, puis le jardin conçu par Le Nôtre. Ayant reçu la source de Fontgrand, il demande à Paul Riquet (Canal du Midi), de dresser les plans de l'aqueduc qui permet d'irriguer son jardin.

Le patrimoine naturel est généralement en accès libre et fait souvent l'objet de visites commentées lors des Journées Européennes du Patrimoine.

  • Les carrières de pierres de : Beaulieu, Sussargues, Saint-Jean-de-Védas, et Saint-Géniès-des-Mourgues dont le calcaire coquillé a été utilisé dans les constructions de la métropole.
  • Le patrimoine naturel : l'Etang de l'Arnel, la maison de la nature à Lattes, le fleuve Lez, le lac du Crès
  • Jardins et arboretums : le jardin des plantes, le parc du Domaine de Méric à Montpellier, le domaine départemental de Restinclières, le parc du Terral de Saint-Jean-de-Védas, les parc et jardin de Bocaud à Jacou

Isabelle HIRSCHY

Architecte du patrimoine – Responsable du projet Territoire d'art et d'histoire

Département Culture et Sport

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